De l’inconvénient du report sur bois

De l’inconvénient du report sur bois

Dans le morcellement des tâches qu’impose la technique, l’étape du report sur bois est le premier écueil. Grandville, s’il gagne du temps en ne redessinant pas lui-même ses compositions sur le bois redoute cette première dépossession. Pour ne pas avoir trop de reprises à faire, il lui arrive d’annoter ses dessins pour indiquer ce qu’il souhaite voir transposé.

« Ayant à faire remettre sur bois chacune de ces compositions, j’en précisais les travaux de façon à prévenir les fautes de mon aide, lui indiquant tout, jusqu’au sens des hachures, leur recroisement, etc. »

Mais ce temps gagné est en fait surtout employé à revenir sur le dessin de Désperet pour y corriger des défauts ou y apporter des changements :

« D’ailleurs, pas dessus son travail je suis toujours revenu avec le crayon. et c’est là que sont nées mes plus grandes tribulations, car que de fois j’ai pesté, envoyé mon homme à tous les diables, passant des journées à redresser ses erreurs, à réparer ses lourdeurs, refondant ses hachures, les recroisant, détruisant par ici, ajoutant par là - bref épluchant le moindre trait de son crayon trop exactement fidèle quelquefois, et d’autres, cruellement indompté ! […] »