Les Fleurs animées

Les Fleurs animées

Les Fleurs animées sont publiées en 83 livraisons entre février 1846 et janvier 1847. Accablé par des deuils familiaux qui s’accumulent – il perd deux enfants, son épouse et un troisième enfant en moins de dix ans –, prêt à succomber à l’épuisement, Grandville n’en continue pas moins d’enchaîner les commandes et de travailler avec acharnement. Les deux volumes, assortis de la Botanique des Dames et de l’Horticulture des Dames du comte Foelix, sortent chez De Gonet en 1848. Dans cet ouvrage, qui s’adresse à un lectorat féminin, Grandville délaisse la satire pour la grâce des figures de ballet romantique. Les textes ont été rédigés dans le goût du temps par Taxile Delord (1815-1877), un publiciste également auteur de plusieurs contributions à la série Les Français peints par eux-mêmes, et l’introduction par Alphonse Karr (1808-1890), écrivain féru d’horticulture. Si le succès public est au rendez-vous, les critiques contemporaines de l’œuvre sont sévères. Grandville devient lassant à force de céder à la facilité d’humaniser plantes et animaux, garantie de succès. Certains contestent que l’artiste soit l’auteur de tous les dessins car la gravure sur acier montre des figures un peu raides et des motifs stéréotypés, étonnants de la part d’un illustrateur qui a toujours défendu son souci de l’expression (« L’expression, la justesse du mouvement, c’est là ma prétention ») ; on prétend qu’il s’est fait aider, procédé courant à l’époque. En vérité, l’album conservé à la Bibliothèque-médiathèque de Nancy renferme bien les dessins préparatoires à l’ensemble de la publication. Réalisés au crayon, puis repris à la plume, parfois rehaussés de touches de couleur, ils contiennent aussi de nombreuses indications textuelles destinées au graveur Geoffroy. C’est cet album que l’on peut admirer ici.