Grandville : caricaturiste dans l'âme mais sensibilité à fleur de peau

Grandville : caricaturiste dans l'âme mais sensibilité à fleur de peau

Grandville : caricaturiste dans l'âme mais sensibilité à fleur de peau Grandville est doté d'un esprit inventif et critique qui enfante des caricatures et des charges sans nombre, allant de l'humour bonhomme aux pointes corrosives. Se lançant dans la caricature et vouant l'académisme aux gémonies, Grandville s'initie à l'interprétation suggestive, ouvrant les vannes de l'inconscient. L'un des premiers, il réalise que le dessin n'a pas "pour seule mission de calquer le visible, mais de donner forme à ce que conçoit l'esprit 1". Stimulé autant qu'horripilé par la censure, Grandville collabore avec les principaux journaux liés à l'actualité politique, artistique et littéraire (La Silhouette, La Caricature, Le Charivari, Le Magasin pittoresque, L'Illustration). L'actualité de la période est plus que propice aux sentiments critiques et les besoins incessants de la production imprimée épuisent notre artiste dont la grande sensibilité finit par être piquée au vif. Sans rien abandonner de sa vivacité, Grandville se tourne dès lors vers l’illustration et s’attaque à un univers plus intemporel apparaissant comme prédestiné à l’œuvre qu’il concevra, celui des Fables de La Fontaine.

1René Huygue, préf. de J.J. Grandville / Annie Renonciat. ACR, Vilo, 1985.